La digitalisation des chantiers BTP : où en est vraiment le secteur ?
Le BTP se digitalise, mais à quel rythme ? État des lieux d'un secteur en transformation, entre avancées concrètes et marges de progression.
Le secteur du BTP en France représente une force économique considérable : près de 1,8 million d’actifs, 381 000 entreprises, et plus de 215 milliards d’euros de chantiers réalisés en 2023. Pourtant, quand on parle de transformation numérique, le bâtiment reste souvent perçu comme un secteur à la traîne.
Cette perception est-elle encore justifiée ? Les chiffres récents montrent une réalité plus nuancée.
Un secteur qui accélère sa transformation
L’adoption du BIM (Building Information Modeling) illustre bien cette évolution. Selon les études sectorielles, près de 73 % des acteurs de la construction en France déclarent désormais utiliser le BIM dans au moins un de leurs projets, contre 56 % en 2021. Les bureaux d’études techniques atteignent même 82 % d’adoption, les architectes 78 %.
Cette progression s’explique en partie par la stratégie nationale qui vise une adoption du BIM pour 100 % des marchés publics d’ici 2030. Les grands groupes ont largement anticipé cette échéance — 90 % d’entre eux ont intégré le BIM dans leurs opérations.
Côté équipement de base, 76 % des TPE-PME du BTP disposent d’un logiciel de facturation, ce qui place le secteur parmi les plus équipés sur cet aspect.
Des marges de progression importantes
Malgré ces avancées, la digitalisation du BTP reste inégale. Moins de 30 % des entreprises du secteur utilisent des outils de gestion connectés pour le suivi de leurs chantiers. C’est ce chaînon manquant — entre la conception numérique en amont et la facturation en aval — qui représente aujourd’hui le principal défi.
Le taux d’investissement numérique supérieur à 1 000 euros reste également plus faible dans le BTP (27 %) que dans d’autres secteurs. Les petites structures, qui constituent l’essentiel du tissu économique du bâtiment, hésitent encore à franchir le pas.
Cette situation n’est pas sans conséquences. Des études ont montré que l’absence de digitalisation freine l’amélioration de la productivité dans le secteur. À l’heure où 66 % des projets de recrutement dans la construction sont jugés difficiles en raison de la pénurie de main-d’œuvre, gagner en efficacité devient une nécessité.
Ce que la digitalisation change concrètement sur le terrain
Pour les professionnels qui ont franchi le pas, les bénéfices sont tangibles. Les retours d’expérience sur l’adoption du BIM font état de réductions significatives des erreurs de conception et des dépassements de délais.
Mais la digitalisation ne se limite pas aux logiciels complexes de modélisation 3D. Pour de nombreux artisans et petites entreprises, elle commence par des outils plus simples : une application de documentation photographique sur smartphone, un système de signature électronique pour valider les états des lieux, un générateur de rapports PDF pour professionnaliser les échanges avec les clients.
Ces outils répondent à un besoin immédiat : garder une trace structurée de chaque intervention, protéger l’entreprise en cas de litige, valoriser le travail accompli. Ils ne nécessitent ni formation longue ni investissement lourd.
La documentation numérique : un point d’entrée accessible
La documentation photographique des chantiers représente souvent le premier pas vers la digitalisation. Les raisons de cet engouement sont multiples.
D’abord, le smartphone est déjà présent dans la poche de chaque professionnel. L’équipement de base existe. Il suffit d’y ajouter une application adaptée qui organise les photos, ajoute les métadonnées utiles (date, localisation), et permet de générer des rapports.
Ensuite, le retour sur investissement est immédiat. Un état des lieux photographique bien réalisé peut éviter des mois de procédure en cas de contestation. Un rapport professionnel renforce la confiance du client et facilite les recommandations.
Enfin, cette première étape crée l’appétit pour d’autres outils. Une entreprise qui découvre les bénéfices de la documentation numérique sera plus encline à explorer d’autres solutions.
Ce qui freine encore l’adoption
Si la digitalisation progresse, plusieurs obstacles persistent.
Le premier est le temps perçu comme nécessaire à l’apprentissage. Sur un chantier, chaque minute compte. L’idée de devoir se former à un nouvel outil rebute. C’est pourquoi les solutions qui s’adoptent le mieux sont celles qui demandent moins de cinq minutes de prise en main.
Le deuxième frein concerne la connectivité. Tous les chantiers ne bénéficient pas d’une couverture réseau fiable. Les outils qui fonctionnent hors connexion, avec synchronisation ultérieure, lèvent ce verrou.
Le troisième obstacle est la confiance. Où vont mes données ? Qui peut y accéder ? Les solutions qui stockent les informations localement, sur l’appareil de l’utilisateur, rassurent les professionnels soucieux de la confidentialité de leurs projets et des données de leurs clients.
Un mouvement irréversible
La tendance de fond est claire : la digitalisation du BTP va s’accélérer. Les nouvelles générations de professionnels arrivent avec une aisance naturelle pour les outils numériques. Les clients, habitués aux standards du e-commerce et des services en ligne, attendent désormais le même niveau de transparence et de réactivité de leurs prestataires dans le bâtiment.
Pour les entreprises qui n’ont pas encore franchi le pas, le moment est propice. Les outils se sont simplifiés, les coûts ont baissé, et les bénéfices sont documentés. Commencer par la documentation photographique de ses chantiers constitue une première étape accessible et immédiatement rentable.
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Sources : Le Moniteur, France Num, S3D Engineering - BIM France 2025